Profils Atypiques — Comprendre Pour Transformer La Performance Collective

Profils Atypiques — Comprendre Pour Transformer La Performance Collective

Maher El May
Auteur

janvier 15, 2026

Temps de Lecture : 7 minutes

On parle beaucoup de performance, d’objectifs, de talents.

Mais rarement de ceux qui fonctionnent “autrement” : les profils atypiques.

Pas ceux qu’on étiquette à la hâte.

Ceux qui, en silence, font avancer les projets… ou s’épuisent en tentant de s’adapter à des normes qui ne leur conviennent pas.

Ce qu’on appelle “atypique” ou “neurodivergent”

On parle ici de profils :

  • À haut potentiel (HPI)
  • Autistes (notamment Asperger ou TSA sans déficience)
  • TDAH (trouble de l’attention avec ou sans hyperactivité)
  • Hypersensibles
  • Dyslexiques, dyspraxiques, dyscalculiques

Et aussi de toutes les personnes qui n’ont pas de “diagnostic”, mais qui fonctionnent autrement :

  • Pensées en arborescence
  • Réactions sensorielles fortes
  • Vitesse mentale inhabituelle
  • Difficulté à s’adapter à certains cadres classiques

Ces personnes ne sont pas “en dehors du système”.

Elles ont juste un fonctionnement qui demande à être compris et ajusté.

Aux États-Unis et dans les pays anglo-saxons, on parle de “neurodiversité” (neurodiversity).

Le terme a été conceptualisé par la sociologue australienne Judy Singer dans les années 1990.

Elle défend l’idée que les différences neurologiques sont une diversité naturelle du fonctionnement humain — au même titre que la biodiversité.

Selon les études, 15 à 20 % de la main-d’œuvre serait neuroatypique.

Le risque : ne pas voir ce qui fonctionne autrement

Lorsqu’un profil atypique est mal placé ou mal compris, voici ce qui peut apparaître :

  • Surcharge mentale
  • Perte de motivation
  • Tensions internes
  • Instabilité émotionnelle
  • Désengagement ou burn-out

Le danger, c’est de voir ces signaux comme une faiblesse individuelle… alors qu’il s’agit d’un désajustement collectif.

Exemple concret

Un développeur HPI dans une grande entreprise tech.

Brillant, rapide, créatif.

Mais coincé dans des processus rigides, des réunions interminables, des validations à rallonge.

Résultat : il s’ennuie, se désintéresse, fait le strict minimum.

Son manager le perçoit comme “démotivé” ou “difficile”.

Réalité : il est mal utilisé.

Solution : l’entreprise le repositionne sur des projets d’innovation, avec plus d’autonomie et moins de contraintes.

Résultat : il devient l’un des contributeurs les plus performants de l’équipe.

Le problème n’était pas lui.

C’était le cadre.

La neurodiversité comme force stratégique

Aux États-Unis, la neurodiversité n’est pas perçue comme un handicap, mais comme une force stratégique.

On ne cherche plus à “corriger” les profils atypiques, mais à exploiter leur potentiel spécifique :

  • Créativité
  • Pensée divergente
  • Innovation
  • Résolution de problèmes complexes

Les entreprises qui intègrent cette diversité deviennent plus agiles et plus résilientes.

Des personnalités atypiques qui ont marqué leur époque

Elon Musk — Autisme Asperger

Fonctionnement atypique : hyperfocus, obsession du détail, difficulté avec les codes sociaux.

Dans un cadre classique : perçu comme “ingérable”.

Dans son propre cadre : il révolutionne l’automobile, l’espace et l’énergie.

Richard Branson — TDAH et dyslexie

Dans un cadre classique : perçu comme distrait et peu scolaire.

Dans le sien : créateur de plus de 400 entreprises.

Il attribue son succès à sa pensée divergente et à son intuition.

Bill Gates — traits autistiques probables

Hyperfocus, logique systémique, pensée analytique extrême.

Résultat : la démocratisation de l’informatique personnelle.

Greta Thunberg — Autisme Asperger et TDAH

Elle décrit elle-même son fonctionnement comme un “superpouvoir”.

Sa vision claire et sans compromis a mobilisé des millions de personnes à travers le monde.

Temple Grandin — Autiste

Grâce à sa perception sensorielle unique, elle a révolutionné l’industrie de l’élevage.

Son atypie n’était pas un défaut.

C’était une compétence.

 Les entreprises qui valorisent la neurodiversité

SAP — “Autism at Work”

  • +140 employés autistes
  • Productivité +48 %
  • Taux de rétention ~90 %

Microsoft — Autism Hiring Program

  • Recrutement ciblé
  • Innovation accrue
  • Amélioration de la culture interne

JPMorgan Chase

  • Plus de 300 employés neuroatypiques
  • Performance supérieure à la moyenne

EY — Neurodiverse Center of Excellence

  • Innovation accrue
  • Meilleure qualité de travail
  • Engagement renforcé

Ford Motor Company

  • Meilleure détection des défauts
  • Amélioration de la qualité produit

Pratiques efficaces pour intégrer les profils atypiques

  • Adapter les processus de recrutement
    1. Entretiens structurés
    1. Moins de jugement social
    1. Évaluations basées sur les compétences
  • Créer un environnement adapté
    1. Espaces calmes
    1. Flexibilité horaire
    1. Télétravail possible
  • Former les managers
    1. Compréhension des fonctionnements cognitifs
    1. Communication explicite
    1. Feedback clair et régulier
  • Mettre en place du mentorat
    1. Accompagnement individualisé
    1. Soutien émotionnel et structurel

Le rôle du dirigeant

Un leader ne peut pas tout contrôler.

Mais il peut créer un cadre sécurisant.

Changer le regard plutôt que chercher à normaliser.

Créer les conditions pour que chacun puisse exprimer son potentiel.

En résumé

Les profils atypiques ne sont pas un risque.

Ce sont des ressources puissantes quand le cadre est adapté.

Ils apportent :

  • Innovation
  • Créativité
  • Résilience
  • Performance durable

On ne change pas les profils atypiques.

On change le cadre.

Et tout devient possible.

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